TUDO BEM, LAURÉAT DES TROPHÉES SOLIDAIRES 2016

Tudo Bem est un projet de solidarité internationale qui vise à accompagner le lancement de la Casa « Geraçao Vidigal », une école de mode gratuite située au Brésil.

Entretien avec Victorien CHOUZO, pour nous en dire plus sur ce beau projet.

Victorien, pour commencer, parle nous sur la répartition des tâches dans le cadre de ce projet, et dis nous en plus sur celles et ceux qui le portaient.

Nous sommes une équipe de 15 personnes, tous étudiants de KEDGE BUSINESS SCHOOL, sur le campus de Marseille. Le projet Tudo Bem se divise en 4 pôles, avec un chef de projet qui coordonne le tout. Nous disposons d’un pôle partenariat, un pôle communication, un pôle évènementiel, et un pôle fondation, qui a pour objectif de candidater aux concours des fondations d’entreprises ou autres mécènes.

Nous sommes tous en train de réaliser notre Master à KEDGE, mais nous avons différentes spécialisations telles le marketing, la finance, la communication …

Et concrètement, quel projet poursuit Tudo Bem ?

Nous soutenons depuis 2011 la Casa Geraçao Vidigal, la seule école de mode gratuite à Rio. Notre but est d’assurer un soutien financier à cette école, en leur apportant chaque année 8 à 10 000€, afin de couvrir les frais fixes et variables. Notre objectif à long terme est d’assurer la pérennité financière de la Casa. C’est pourquoi, en partenariat avec Modafusion (association brésilienne qui possède la Casa), nous avons créé un Business Model pour que la Casa puisse subvenir à ses propres besoins financiers d’ici quelques années.

Lors de l’édition 2016 nous avons donc présenté le projet de réaménagement et agrandissement de l’école. Nous voulons créer un atelier de production, employant les femmes de la favela, qui aura pour but de confectionner les collections des élèves. Puis, l’école et l’atelier seront gérés par « l’Agence », l’entité qui aura pour vocation de commercialiser les collections imaginées par les élèves et produites par les femmes de la favela au sein de l’atelier. Notre but personnel est « d’aider, pour ne plus aider ».

"Aider pour ne plus aider"

Comment avez-vous connu les Trophées Solidaires et pourquoi avez-vous décidé d’y participer ?

Nos prédécesseurs nous avaient conseillé d’y participer car le projet avait déjà plu lors de l’édition 2015. Nous savions également que les valeurs de notre projet entraient en totale adéquation avec les valeurs soutenues par les Trophées Solidaires, à savoir l’éducation, l’accès à l’emploi pour les populations défavorisées, et la lutte contre la pauvreté.

Que vous a apporté cette participation aux Trophées Solidaires ? Et le fait d’être lauréat ?

Le premier point reste l’apport financier, qui nous a permis de faire avancer le projet. D’un point de vue personnel, et toute l’association partage le même avis, nous avons été très fiers de cette réussite. Cela nous a motivé, et prouvé que la cause que nous défendons est importante et chère aux yeux des autres. Cela nous a fait prendre conscience que nous ne sommes pas seuls, mais soutenus par de nombreuses personnes qui partagent les mêmes valeurs que nous.

Qu’a-t-il été réalisé depuis la remise des prix en juin 2016 ?

Nous avons fait face à un problème, et non pas des moindres. La favela Vidigal a été reprise par un cartel de drogue mexicain. Nous avons donc été expulsés de nos locaux, où nous avions prévu de réaliser d’importants travaux de réaménagement et d’agrandissement. Le projet a donc pris du retard. Cela prouve qu’il est difficile d’opérer dans des zones géographiques défavorisées, le contexte économico-politique nous rattrape toujours, et nous devons faire avec et passer outre.

Nous avons finalement retrouvé de nouveaux locaux, dans une autre favela, pour faire avancer le projet. La Casa a donc déménagé au sein de l'école des arts du spectacle « Spectaculu » qui se trouve dans le port de Rio. Grâce aux dons récoltés, les travaux ont commencé au sein de la nouvelle école. L’atelier de production est en construction, et nous espérons qu’il verra le jour d’ici 6 mois. Cela laisse le temps à notre partenaire de trouver les 15 femmes qui composeront l’atelier de production. Nous avons également commencé à démarcher des entreprises marseillaises pour qu’elles puissent commercialiser les collections des élèves.

Malgré ces péripéties, la nouvelle promotion d’étudiants a pu faire sa rentrée en juin dernier. Nous en sommes ravis.

Quel avenir envisagez-vous pour ce projet ?

Désormais l'école partage ses locaux avec cette nouvelle école. Ce qui engendre des frais supplémentaires et une certaine instabilité. Nous devons donc redoubler d’efforts pour juguler cet obstacle.

Maintenant que le projet de l’atelier de production est lancé, et dans ce contexte de grandes difficultés pour la Casa, nous nous sommes rendus compte que sans notre aide celle-ci risquait de ne plus exister. C'est pourquoi cette année nous avons décidé de changer l'objectif stratégique du projet. Nous avons choisi de recentrer nos actions sur le cœur de l'école : les élèves. Notre objectif à l'heure d'aujourd'hui est de financer la scolarité des élèves. Grâce à nos actions tout au long de l'année nous allons essayer de récolter un maximum de fonds pour financer la scolarité des élèves. Nous avons un deuxième objectif qui sera de financer la scolarité complète de 4 élèves de la promotion grâce à un système de parrainage. Pour ce faire nous souhaitons démarcher des entreprises du monde de la mode, des cosmétiques, du design … afin qu'elles deviennent des « parrains ». Le but principal serait que chaque entreprise partenaire parraine un élève afin de lui financer sa scolarité, ce parrainage pourra alors déboucher sur une embauche de l'élève qui pourra mettre ses compétences, apprises tout au long de l'année, à profit dans l'entreprise qui l'aura parrainé.

Ce nouveau système serait un bel investissement pour l'avenir tant pour les élèves qui pourront alors suivre leur formation sereinement mais également pour l'entreprise qui grâce à ce don investit dans la jeunesse et forme ses futurs collaborateurs.

A titre personnel, pourquoi s’être engagé sur ce projet, et qu’est-ce que cet engagement vous a-t-il apporté ?

J’ai apprécié dans ce projet la volonté d’aider pour ne plus aider ; apporter un soutien lors du démarrage du projet, accompagner les personnes pour son bon développement, puis, une fois que le projet est assez mature, aller faire de même avec un nouveau projet. Nous sommes pour l’instant dans la phase d’accompagnement, une des plus importantes.

De plus, le Brésil a toujours été un pays qui m’attire, de par sa culture, son histoire coloniale, et ses us et coutumes.

Je ne suis au jour d’aujourd’hui plus dans le projet, car j’ai entamé mes périodes de stages, tout comme mes partenaires de 2016. Le projet est aujourd’hui dans les mains de nos premières années. Je suis convaincu qu’ils partagent tous ce même esprit, et sauront faire avancer les choses.

"Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner du poisson" Confucius

Un mot de fin, une citation, un vers, une pensée ?

Une citation qui représente le noème de notre association : « Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson ».

Aider pour ne plus aider, voilà une belle devise pour mener à bien un projet qui cherche à rendre autonomes ses bénéficiaires : malgré les difficultés rencontrées, les étudiants de Tudo Bem gardent espoir et motivation. On vous souhaite bonne continuation !

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